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4) Les centres de mise à mort

Un exemple : Treblinka

Document 1. La Solution finale : une politique systématique.

"Désormais, à la place de l’émigration, la prochaine solution à envisager, avec l’aval préalable du Führer, est l’évacuation des Juifs vers l’est [...]. Les Juifs évacués passeront d’abord, convoi par convoi, par des ghettos de transit, et de là seront transportés plus loin à l’est [...]. Au cours de la solution finale, les Juifs de l’Est devront être mobilisés pour le travail [...]. En grandes colonnes de travailleurs, séparés par sexe, les Juifs aptes au travail seront amenés à construire des routes dans ces territoires, ce qui permettra une diminution substantielle de leur nombre. Pour finir, il faudra appliquer un traitement approprié à la totalité de ceux qui resteront."
Compte-rendu de la conférence de Wannsee (près de Berlin), 20 janvier 1942.

Document 2. La déportation de toute l'Europe

Déportation de Juifs polonais d’un ghetto vers le camp de Treblinka, 1942.

"On nous a ordonné de monter dans le train. Près de 80 personnes ont été entassées dans chaque wagon pour un voyage sans retour [...]. Dans le wagon, il faisait de plus en plus chaud et étouffant. Nous manquions d’air [...]. Après d’infinies souffrances, nous sommes arrivés à Malkinia, où le train est resté immobilisé toute la nuit [...]. Le lendemain matin, le train est reparti, puis s’est arrêté en gare de Treblinka. J’ai vu passer un train, rempli de gens à demi nus ou en guenilles, de toute évidence affamés."
Témoignage de Yankel Wiernik, rescapé de Treblinka (Pologne, aout 1942), 1944.

Document 3. L’arrivée au camp
Vassili Grossman est un écrivain juif soviétique qui a participé à la découverte du camp de Treblinka. Son livre, écrit à partir de témoignages de survivants du camp, a été traduit en plusieurs langues dès sa sortie en 1945.

"Quels étaient ceux que les convois amenaient ? Des Juifs surtout, mais aussi des Polonais, des bohémiens. [...] 40 SS et 60 [gardiens] travaillaient au « transport », c’est-à-dire à ce que j’appellerai la première phase de l’opération : réception du convoi, acheminement des « voyageurs » vers la « gare » et la place [...]. Les objets de valeur étaient emportés au dépôt ; les lettres, les photos de nouveau-nés, de frères, de fiancées, les faire-part de mariage jaunis par le temps, ces milliers de choses infiniment chères et précieuses pour ceux à qui elles appartiennent, mais qui pour les maitres de Treblinka n’offraient aucun intérêt, étaient réunies en tas et jetées dans d’immenses fosses [...]. Et la place, balayée à la hâte, était prête à recevoir un nouveau contingent. [...] « Achtung ! » La voix du Scharführer jetait dans le silence tragique la formule consacrée [...] : « Les hommes restent où ils sont. Les femmes et les enfants iront se déshabiller dans les baraques à gauche. » Alors c’étaient des scènes affreuses. L’amour maternel, conjugal, filial leur disait à tous qu’ils se voyaient pour la dernière fois."
Vassili Grossman, L’Enfer de Treblinka, 1945.

Document 4. Une mise à mort organisée et planifiée. La plan du camp de Treblinka

Document 5. Anéantir de manière industrielle, les chambres à gaz.

"Quand je suis arrivé dans le camp, il y avait déjà trois chambres à gaz. Durant ma détention, dix autres chambres ont été construites [...]. Un tuyau à gaz arrivait dans la chambre [...]. 400 à 500 personnes à la fois étaient poussées dans une chambre de 25 m2 [...]. En moins de 25 minutes, tous étaient morts, allongés les uns près des autres [...]. À nous revenait la tâche de les transporter jusqu’aux fosses [...]. Il arrivait que l’on gazât jusqu’à 20 000 personnes par jour [...]. Toute la place était jonchée d’objets divers : des millions de vêtements, de lingerie et autres effets avaient été abandonnés par les gens derrière eux [...]. Un jour, un convoi de 70 Tziganes est arrivé de Varsovie [...]. Les bourreaux [...] les ont liquidés exactement de la même manière que les Juifs."
Témoignage de Yankel Wiernik, rescapé de Treblinka, 1944.

Document 6. Le bilan.

876 000 tués
        dont 845 000 Juifs du ghetto de Varsovie et d’autres ghettos polonais
        29 000 Juifs d’autres régions d’Europe  
        2 000 Tziganes

Une révolte : 2 aout 1943 (700 morts, 40 survivants).
67 survivants comptabilisés en 1945.

D’après le centre Simon-Wiesenthal.

Décrire et expliquer un centre de mise à mort

1) Document. Quelle est la décision précise par les nazis en 1942 ? En quoi s'agit-il d'une nouvelle étape ?

2) Documents 2 et 3. Décrivez la déportation en quelques phrases.

3) Document 4. Que penses-tu de la fiabilité de ce document ?

4) Documents 3, 4 et 5. Comment la mise à mort se déroule-t-elle ?

5) Quelles sont les populations concernées ?

6) Que faisait-on des cadavres ? Montre que le camp est organisé pour l'extermination.

7) Documents 1 à 6. Pour conclure, quels éléments montrent qu'il s'agit incontestablement d'un génocide ?

Le sort des minorités

Document 1. Résoudre un problème mathématique.
Les handicapés : « Un aliéné coute quotidiennement 4 marks, un invalide 5,5 marks, un criminel 3 marks [...]. D’après des estimations prudentes, il y a en Allemagne environ 300 000 aliénés et épileptiques dans les asiles. Calculez combien coutent annuellement ces 300 000 aliénés et épileptiques. Combien de prêts aux jeunes ménages à 1 000 marks pourrait-on faire si cet argent pouvait être économisé ? »
Livre pour enfants, 1933, cité par Alfred Grosser, Dix leçons sur le nazisme, Fayard, 1976.

Document 2. Les homosexuels.

« Les autorités avaient procédé à un ratissage des routes et des agglomérations urbaines, en faisant arrêter les mendiants, les vagabonds ainsi que les prostituées et les homosexuels [...]. On les avait expédiés dans les camps de concentration pour les rééduquer [...]. Le travail pénible était destiné à les rendre « normaux » [...]. Beaucoup d’entre eux se sont suicidés. En 1944, le Reichsführer organisa à Ravensbrück des « stages de guérison ». Un certain nombre d’homosexuels qui n’avaient pas donné de preuves définitives de leur renonciation au vice furent appelés à travailler avec des filles [...]. Cette possibilité d’observer la vie et le comportement des internés homosexuels m’a paru extrêmement instructive. »
Rudolf Höss, Le commandant d’Auschwitz parle, Éditions Maspero, 1985.

Document 3. Des signes distinctifs.

1) Relève les principales minorités évoquées par ces documents.

2) Quels sorts leur est réservé ?

3) L'hostilité des nazis était-elle tournée seulement contre les juifs ?

4) Donne ton avis en le justifiant.

5) Quelle "leçon" peut-on en tirer encore aujourd'hui ?